Hello la blogosphère!

Aujourd’hui je voulais publier un article qui sortait un peu des sentiers battus. Bien que toujours dans la lignée du blog, car nous allons parler de beauté, mais surtout de féminité, de consentement et de féminisme.

Cela fait quelques temps que je voulais sortir cet article. A vrai dire, depuis la polémique du mouvement #majupemondroit dont je vous parlerai plus en détail tout à l’heure.

Cela fait plus d’un mois que se sont déroulés ces événements, j’arrive donc après la guerre.

Mais voilà je suis là et je vous donne ma réflexion sur le sujet et sur les préjugés qui sont hélas encore bien ancrés sur le féminisme et la féminité.

Ma jupe mon droit: revendiquer son droit à porter une jupe, c’est revendiquer sa liberté

Le Vendredi 12 Avril 2019, le Ministère de l’Education malgache commet une erreur monumentale.

Un communiqué est publié sur la page Facebook officielle du ministère. Il montre l’illustration d’une femme portant une robe décolletée accompagnée de la phrase suivante (en malgache):

 » Les vêtements sages que portent les jeunes filles diminuent les besoins diaboliques des hommes qui aiment les violenter. Il est donc du devoir des parents de mettre leurs filles sur le droit chemin pour les éloigner des vêtements provocateurs « .

communique ma jupe mon droit
Illustration du communiqué du Ministère de l’éducation malgache

S’en suit un tollé d’indignations et la naissance du mouvement #majupemondroit. Pour contrer ce communiqué, les femmes malgaches postent des photos d’elles dans des tenues jugées « provocantes » selon le communiqué du ministère. Ces photos sont accompagnées de la phrase:

 « Ma jupe mon droit, sa braguette son problème avec la loi ».

Le gouvernement se rend rapidement compte de sa bévue. Le post est supprimé, et deux jours après une lettre de plates excuses est diffusée, stipulant que:

 « Rien ne peut justifier les agressions sexuelles qui pourraient être commises envers les filles ou les femmes, et encore moins leurs tenues vestimentaires… »

Le victim blaming ou la déresponsabilisation de l’agresseur

Lorsque la polémique #majupemondroit battait son plein, étant moi-même malgache, une colère s’emparait de moi. Le pire était les commentaires des personnes complètement d’accord avec ce communiqué.

 » Si on vous dit de vous habiller moins court c’est pour votre protection »,  » C’est comme porter un casque de moto, si tu ne le fais pas tu peux te faire mal. Et ne va pas te plaindre que la police te punisse après »,  » Il n’y a pas d’excité sans excitant »…

Voilà un petit exemplaire de certains avis sur la question. Et oui, nous sommes en 2019 mesdames et messieurs.

Ces gens ne comprennent-il pas que dans une agression sexuelle la victime n’est PAS la fautive ? Ni à 50%, ni à 10%, ni à 0,00001% ?

Ce n’est pas un jogging, une djellabah ou une culotte de chasteté qui arrêtera un violeur !

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Aucune tenue n’arrête un violeur

C’est l’EDUCATION !

Aussi joli et tentant qu’il soit, oses-tu mettre tes mains sur un joli gâteau exposé dans une pâtisserie ?

Non ? Pourquoi ? Parce que ce n’est pas ton gâteau. Et on t’a appris à ne pas toucher quand ce n’est pas à toi.

C’est pareil pour une femme. Aussi jolie et séduisante soit-elle, habillée en micro-short ou presque nue sur la plage. Elle ne t’a rien demandé. Ne va pas dire que c’est sa faute.

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Tout est dit

Beauté et séduction: de l’éducation des garçons et des filles

Non très cher ministère de l’éducation. Non très chère société. Ce n’est pas aux filles d’adapter leurs tenues.

Il faut apprendre aux garçons comme aux filles que ce n’est pas une tenue qui donne le droit de faire n’importe quoi. Parce qu’entre filles le « slut shaming » (traduction « humiliation des salopes ») est encore aussi très en vogue.

Arrêtons les préjugés moyenâgeux sur la conception de la beauté. Tous les goûts sont dans la nature.

Si une femme se sent belleforte et conquérante en minijupe, cela fait-il d’elle une salope ?

Et messieurs, s’il vous plait, arrêtez de croire que si une fille s’habille sexy c’est forcément qu’elle cherche à vous séduire. Et si les femmes pensaient aussi pour elles ?

Si en voyant une jolie robe ou un beau décolleté, on pensait simplement au bonheur de porter le vêtement et non à attirer je ne sais qui ? Oui on a le droit de s’habiller pour nous et d’embrasser notre féminité. Enfin, quand bien même nous avions envie de séduire avec une jolie tenue… Séduire ne signifie en aucun cas un appel à l’agression, aussi courte que soit la jupe.

En somme: string ficelle ou culotte en dentelle, si elle n’a pas dit oui, ne t’approche pas d’elle !

Féminisme et féminité: encore et toujours des préjugés

Enfin, je voulais clore cet article par une annonce. JE SUIS FÉMINISTE.

Et vous savez quoi ? Je suis hétéro, je suis parfois très nunuche, et je ne hais pas les hommes. Au contraire, mon mari m’émerveille et j’adore mon frère.

Alors, je fais ce petit rappel parce que dans la tête de beaucoup de personnes, être féministe c’est brûler ses dessous, vouloir asservir les hommes et les transformer en esclaves.

En voulant défendre notre liberté de porter des jupes je me suis quand même pris l’insulte ultime:

« Misandre putride« . (On dirait une expression du moyen-âge soit dit en passant).

Bref… Dernier rappel… Le féminisme c’est une lutte pour les droits des femmes.

CE N’EST PAS UNE LUTTE POUR COUPER LE ZIZI DES HOMMES. Au passage, Merci aux courageux hommes féministes.

Balance ton quoiiii

D’ailleurs, lorsqu’on est une femme, je pense qu’on ne choisit pas d’être féministe. On le devient par devoir. Lorsque je vois encore à notre époque combien nos consœurs ont besoin de nous, je me dis que c’est notre devoir de les soutenir.

Et vous, qu’en pensez-vous ? Êtes vous féministe ?