La polémique de l’huile de palme continue de soulever les débats, qu’en est-il en cosmétique ?

En effet, la monoculture du palmier à huile entraîne des dégâts environnementaux considérables. En particulier dans les pays d’Asie du Sud Est.

L’équivalent d’un terrain de football de forêts disparaîtrait toutes les 10 secondes en Indonésie ! (source RFI)

Ce qui a pour conséquence la mort de nombreux animaux dont les Orangs-outans menacés d’extinction et l’expropriation de paysans de leurs terres. Sans parler de l’impact climatique!

Il est donc plus que temps d’agir sur notre consommation de l’huile de palme!

L’huile de palme en cosmétique

L’utilisation de l’huile de palme en cosmétique représente environ 19% du marché mondial.

En effet, elle est appréciée pour sa stabilité aux températures extrêmes et ses différentes propriétés. Nourrissante, émolliente, protectrice, on la retrouve également sous forme de dérivés tensioactifs, émulsifiants etc…

Elle est présente dans quasiment tous les produits, que ce soit les shampoings, les savons, les crèmes, voire le maquillage.

Palm…Everywhere..(Sourire nerveux)

Mais sa qualité principale reste son bas prix comparé aux autres huiles. En outre, son rendement est bien plus élevé que celui de l’huile de soja ou de coco par exemple.

Utilisée sous sa forme « brute », vous la retrouverez sous l’INCI Elaeis Guineensis (palm) Oil. Mais sachez qu’elle se cache sous beaucoup d’autres noms!

En effet, les suffixes « Lauryl »(Lauryl glucoside, Sodium Lauryl Sulfate…), « Stear » (Glyceryl Distearate…), et « Palm » (Sodium palmate, Palmitate d’isopropyl…) signalent en général sa présence.

Ici une liste très détaillée de tous les ingrédients qui pourraient en contenir.

Ces dérivés proviennent parfois de l’huile de coco (ou autre), mais cela est en général spécifié par la marque, heureuse de signaler qu’elle n’utilise pas de palme.

Si vous avez un doute, le mieux est d’interroger la marque.

– Allô oui bonjour vous utilisez de l’huile de palme ? – …..

Boycotter l’huile de palme: la solution ?

Bon, pour vous éviter d’aller à l’affût de chaque petit suffixe, préfixe, dans des listes d’ingrédients prolixes, il existe heureusement des marques de cosmétique qui bannissent l’huile de palme de toutes leurs formules.

C’est par exemple le cas des marques Oolution et Les Happycuriennes. Vous trouverez également des boutiques en ligne qui proposent une sélection de produits sans huile de palme comme Greenuit.com ou Ecco-Verde.fr.

Le label Nature et Progrès, quant à lui, bannit cet ingrédient. Jetez donc un œil aux marques qui possèdent cette certification.

Le label Nature et Progrès
Le label Nature et Progrès

L’huile de palme durable: un objectif réalisable ?

D’un autre côté, certaines entreprises et notamment les grands groupes pour lesquels l’huile de palme reste un ingrédient essentiel, militent pour une « huile de palme durable« .

C’est ainsi qu’a vu le jour il y a plus d’une dizaine d’années le RSPO (Roundtable for Sustanaible Palm Oil). Cette table ronde est constituée de différents acteurs de la filière (producteurs, grandes firmes, ONG, investisseurs…). Le but de cette organisation internationale est donc de mettre en place des normes pour une huile de palme respectueuse de l’environnement.

A l’heure actuelle, 19% des exploitations mondiales d’huile de palme seraient certifiées RSPO.

Cependant, ce label est controversé, notamment par GreenPeace qui d’après une enquête datant de 2013 déclare que RSPO n’a en rien contribué à la diminution de la déforestation. Ils déplorent le manque de restrictions et de rigueur de ce label.

Le label RSPO
Le label RSPO

En effet, il faut savoir que la certification RSPO possède plusieurs « niveaux ».

Les certifications Identity Preserved et Segregated garantissent un suivi total de la filière durable, tandis que Mass Balance est un « mélange » d’huile de palme durable et non durable, et enfin Book & Claim qui est juste une grosse blague (en gros en contrepartie de l’utilisation d’une « mauvaise » huile de palme, l’acheteur donne de l’argent à RSPO).

D’un autre côté, les membres de RSPO se défendent. Ils affirment que la substitution de l’huile de palme pourrait entraîner des conséquences plus graves. Notamment substituer « un hectare d’huile de palme équivaudrait à 4 ou 5 hectares d’huile de soja en Amazonie » (source La Dépêche).

Certaines entreprises s’engagent toutefois à aller au-delà de ce label et s’assurer de n’exploiter que de l’huile de palme non issue de déforestations comme l’Alliance Française Pour une Huile de Palme Durable.

Enfin, certaines filières éthiques d’huile de palme permettent à des petits producteurs locaux de vivre. C’est ce qu’a par exemple mis en place la marque de cosmétiques Dr Bronner.

Mon avis

J’avoue, je ne suis pas aussi tranchée que certains blogs green appelant au boycott.

En effet, il est difficile de faire un revirement instantané pour les entreprises qui dépendent de leurs fournisseurs. Cela prend du temps de remplacer tous les ingrédients dérivés de l’huile de palme. Et la substitution n’est pas forcément la solution. A long terme cela peut revenir à déplacer le problème. (Cf les déforestations dûes à l’huile de soja en Amazonie).

Cependant, il faudrait que les normes RSPO soient plus radicales. Cette exploitation ne devrait engendrer plus aucune déforestation. Hélas cela est utopique à l’heure actuelle, même si les entreprises prennent de plus en plus leurs responsabilités.

A mon échelle j’essaie d’acheter des produits sans huile de palme mais ce n’est pas toujours le cas.

Il est en effet difficile de cumuler tous les bons critères. A savoir 100% naturel, BIO, Vegan, local, zéro déchet, Palm Free… Surtout que l’on retrouve l’huile de palme partout.

Heureusement que certaines marques comme Oolution frisent la perfection. Cependant, le prix est aussi conséquent.

Enfin, privilégier les recettes maison et les matières brutes comme les hydrolats et les huiles pures peuvent aussi être une bonne solution.

Et vous, boycottez-vous l’huile de palme ?

J’espère que cet article vous aidera à mieux consommer la beauté