Interview de Paume, une marque de mode éthique

Partager l’article :
  •  
  • 17
  •  
  •  
  •  
  • 3

Aujourd’hui j’interviewe Paume, une entrepreneuse et étudiante, que j’ai découvert sur Instagram. Elle lance cette année sa marque de vêtements éthiques !

La mode éthique est en effet un univers encore assez mystérieux pour moi, et j’ai sauté sur l’occasion pour pouvoir en savoir plus.

De plus, sa fondatrice est une férue d’art, ce qui confère une belle identité à la marque.

 

Belle Demain : Merci Paume d’avoir accepté cette interview.

Peux-tu te présenter en quelques phrases ? Que signifie Paume et qui se cache derrière ?

 

Paume : Bonjour Belledemain et un grand merci pour l’intérêt que tu portes à mon projet.

A la question qui se cache derrière Paume, je te répondrais simplement Manon, une étudiante en droit et élève avocate à Paris. Le projet est avant tout né d’une démarche personnelle face à la montée en puissance des enjeux écologiques ces dernières années.

Comme beaucoup, j’essaie de multiplier les petites actions du quotidien et de changer mes habitudes. C’est cette démarche que j’ai décidé de transformer en projet professionnel.

S’agissant du nom, ce choix est le résultat d’un long processus. Il est très difficile de choisir un nom de marque. Pour ma part, je suis partie du sentiment que je voulais faire partager pour trouver ce nom. Le nom de Paume s’est alors imposé car j’aimais beaucoup sa sonorité et sa douceur mais surtout, c’est un mot qui renvoie à beaucoup de choses positives en rapport avec les mains : la fraternité, le contact, le fait main etc.

Cette multi dimensionalité me plait beaucoup.

 

Manon, fondatrice engagée de Paume

 

Comment est né ton projet ? A quel moment as-tu décidé de te lancer dans la mode éthique ?

 

La réflexion sur le projet est née il y a un peu plus d’un an … en toute honnêteté, je divaguais là-dessus pendant mes cours de droit !

Puis, le projet en lui-même a commencé à prendre forme en Mars dernier. J’ai alors véritablement commencé à prospecter pour trouver des fournisseurs, chercher des motifs, des modèles, interroger les gens autour de moi …

S’agissant du choix de la mode, celui-ci s’est fait tout naturellement au regard de mes observations de consommatrice.

Aujourd’hui, la nouvelle génération à laquelle je m’identifie affectionne de plus en plus un mode de vie plus sain, équilibré et surtout plus responsable.

Les nouveaux réflexes que nous prenons dorénavant dans le domaine alimentaire doivent gagner le monde de la mode. Ainsi, j’ai commencé à chercher pour moi des marques qui correspondent à ces valeurs et j’ai été déçue de constater qu’il était encore assez difficile de trouver des marques totalement transparentes et engagées dans ce nouveau processus. C’est à ce moment-là que je me suis dit « pourquoi pas moi ? ».

Aujourd’hui, cette réflexion est moins vraie et de plus en plus de marques font leur apparition sur le marché, avec chacune leur spécificité et leur engagement plus ou moins développé.

Cela fait plaisir d’assister à un réveil des consciences (même si cela me fait plus de concurrence …).

 

Pour toi que signifie la mode éthique et quels sont selon toi les critères les plus importants ?

 

Selon moi, la mode éthique recoupe deux aspects principaux : c’est à la fois une mode qui respecte les conditions de travail tout le long de la chaine de fabrication, mais c’est aussi une mode qui s’investit pour réduire les impacts environnementaux du secteur.

Ce deuxième critère est aujourd’hui celui auquel j’accorde le plus d’importance.

On ne peut plus fermer les yeux face au désastre climatique que provoque le monde de la mode.

Par ailleurs, les deux situations évoquées plus haut peuvent aussi se recouper de manière naturelle. En effet, par exemple, le fait de produire en France est une manière de s’assurer que les travailleurs seront traités avec respect et décence, mais cela a également un impact positif sur l’environnement par la réduction de l’empreinte carbone.

Paume souhaite respecter au maximum l’ensemble de ces critères, d’où une fabrication française (ou européenne) avec des tissus biologiques ou/et recyclés. Je souhaite développer un projet où la cohérence et la transparence sont les maitres mots, car une mode éthique, c’est aussi une mode honnête envers les consommateurs qui doivent pouvoir porter un jugement libre et éclairé sur leurs achats.

 

J’ai cru comprendre que tu es également artiste dans l’âme. D’où vient ton inspiration?

 

En effet, l’art m’inspire énormément.

Par chance, j’ai pu développer cette sensibilité à l’occasion de mes études en histoire de l’art. L’art, c’est quelque chose que l’on vit au quotidien, sans s’en rendre toujours compte. J’ai en plus la chance de vivre à Paris où l’art est omniprésent.

Par ailleurs, l’art est une manière de rassembler les gens : il s’adresse, de manière subjective à la sensibilité de chacun et toutes les perceptions sont légitimes.

De plus, une des fonctions de l’art est la recherche du beau et je pense que s’immerger dans ce monde fait beaucoup de bien. C’est notamment pour cette raison que je souhaite absolument que l’art fasse partie intégrante de l’identité visuelle de Paume.

L’art, au centre de l’identité visuelle de Paume. Photo prise lors de l’exposition Sheila Hicks, une artiste textile.

 

Comment définirais-tu le style Paume ?

 

Le style Paume, c’est un look intemporel, une garde-robe faites de basiques faits pour durer le plus longtemps possible. Cela correspond en partie à mon propre style vestimentaire mais c’est aussi cohérent vis à vis du projet et du concept de slow-fashion. Il s’agit de proposer des vêtements dont on ne se lasse pas et qui perdurent au fil du temps et des tendances.

Cela ne veut pas dire que les vêtements ne se différencieront pas d’autres produits basiques. Il y a beaucoup de moyens de se différencier et de trouver son identité (par la coupe, les couleurs, la matière).

D’ailleurs, je réserve une petite surprise pour les t‑shirts.

 

Comment seront confectionnées vos pièces ? Où seront-elles réalisées et avec quel type de tissu ?

 

Pour l’heure, les vêtements seront fabriqués à Marseille. C’était plus facile pour moi de travailler avec eux car je suis originaire de Marseille et j’y ai gardé une partie de ma famille. Il est donc très facile pour moi de m’y rendre.

Les vêtements seront en tissus biologiques ou recyclés, c’est une des seules choses sur laquelle je suis intransigeante. Pour démarrer, Paume va créer deux t‑shirts (un noir et un blanc) et ils seront fabriqués à 100% en coton biologique.

 

As-tu une date de sortie des premiers vêtements ?

 

Je n’ai pas encore de date de sortie officielle mais les choses se précisent aujourd’hui de plus en plus. Je vais bientôt recevoir des prototypes des deux premiers t‑shirts. Donc, s’il n’y aucun retard de délai du coté de mon fabricant, je peux espérer une mise en vente en mars 2019.

Tout sera détaillé sur le compte Instagram et Facebook et je communiquerai aussi sur les prototypes dès leur réception.

 

Enfin quels conseils donnerais-tu aux personnes et en particulier aux femmes qui souhaitent créer leur propre marque de vêtements et contribuer à la mode éthique ?

 

J’ai envie de citer un artiste que j’aime beaucoup :

 « Il faut travailler beaucoup, une tonne de passion et cent grammes de patience » (Nicolas de Staël).

L’envie est une qualité indispensable pour tout lancement de projet. Il faut y croire et rester très motivé tout au long du processus de lancement, qui est souvent plus long qu’on ne le pense.

Pour tenir le coup, il est selon moi très important de parler de son projet autour de soi (à ses amis, sa famille, aux rencontres impromptues) le plus souvent possible. En effet, on ne réalise pas assez que les gens qui nous entourent peuvent être une grande ressource.

On apprend énormément des autres.

Par ailleurs, il faut aussi absolument développer une capacité d’adaptation. On s’embarque souvent dans ces projets avec des idées plein la tête et c’est une bonne chose. Seulement, on est souvent déçus de constater que toutes ces idées sont plus difficiles à mettre en place que prévu. Donc il ne faut pas hésiter à réajuster son projet constamment (et garder ses idées pour plus tard).

 

Un dernier mot pour la fin ? En tous cas je te souhaite beaucoup de succès et je serai attentive au lancement de ta marque !

 

J’ai trouvé les questions assez complètes donc je n’ai pas grande chose à rajouter. Mais pour le geste, je citerai une phrase de Jean Paul Sartre qui me plait beaucoup :

« Dans la vie, on ne fait pas ce que l’on veut mais on est responsable ce que l’on est. »

Aujourd’hui, le changement passe par une remise de cause de chacun de ses habitudes, sa manière de vivre. Chacun doit prendre ses responsabilités, il ne faut pas attendre que les autres agissent à notre place.

 

Vous pouvez retrouver Paume sur son compte Instagram : @paume_paris et Facebook : Paume.

Un site Internet est en préparation, je vous mettrai le lien ici dès qu’il sera sorti 😉


Partager l’article :
  •  
  • 17
  •  
  •  
  •  
  • 3

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.