Interview de Paume, une marque de mode éthique

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Aujourd’hui j’interviewe Paume, une entre­pre­neuse et étu­di­ante, que j’ai décou­vert sur Insta­gram. Elle lance cette année sa mar­que de vête­ments éthiques !

La mode éthique est en effet un univers encore assez mys­térieux pour moi, et j’ai sauté sur l’occasion pour pou­voir en savoir plus.

De plus, sa fon­da­trice est une férue d’art, ce qui con­fère une belle iden­tité à la mar­que.

 

Belle Demain : Merci Paume d’avoir accepté cette interview.

Peux-tu te présenter en quelques phrases ? Que signifie Paume et qui se cache derrière ?

 

Paume : Bon­jour Bellede­main et un grand mer­ci pour l’intérêt que tu portes à mon pro­jet.

A la ques­tion qui se cache der­rière Paume, je te répondrais sim­ple­ment Manon, une étu­di­ante en droit et élève avo­cate à Paris. Le pro­jet est avant tout né d’une démarche per­son­nelle face à la mon­tée en puis­sance des enjeux écologiques ces dernières années.

Comme beau­coup, j’essaie de mul­ti­pli­er les petites actions du quo­ti­di­en et de chang­er mes habi­tudes. C’est cette démarche que j’ai décidé de trans­former en pro­jet pro­fes­sion­nel.

S’agissant du nom, ce choix est le résul­tat d’un long proces­sus. Il est très dif­fi­cile de choisir un nom de mar­que. Pour ma part, je suis par­tie du sen­ti­ment que je voulais faire partager pour trou­ver ce nom. Le nom de Paume s’est alors imposé car j’aimais beau­coup sa sonorité et sa douceur mais surtout, c’est un mot qui ren­voie à beau­coup de choses pos­i­tives en rap­port avec les mains : la fra­ter­nité, le con­tact, le fait main etc.

Cette mul­ti dimen­sion­al­ité me plait beau­coup.

 

Manon, fon­da­trice engagée de Paume

 

Comment est né ton projet ? A quel moment as-tu décidé de te lancer dans la mode éthique ?

 

La réflex­ion sur le pro­jet est née il y a un peu plus d’un an … en toute hon­nêteté, je divaguais là-dessus pen­dant mes cours de droit !

Puis, le pro­jet en lui-même a com­mencé à pren­dre forme en Mars dernier. J’ai alors véri­ta­ble­ment com­mencé à prospecter pour trou­ver des four­nisseurs, chercher des motifs, des mod­èles, inter­roger les gens autour de moi …

S’agissant du choix de la mode, celui-ci s’est fait tout naturelle­ment au regard de mes obser­va­tions de con­som­ma­trice.

Aujourd’hui, la nou­velle généra­tion à laque­lle je m’identifie affec­tionne de plus en plus un mode de vie plus sain, équili­bré et surtout plus respon­s­able.

Les nou­veaux réflex­es que nous prenons doré­na­vant dans le domaine ali­men­taire doivent gag­n­er le monde de la mode. Ain­si, j’ai com­mencé à chercher pour moi des mar­ques qui cor­re­spon­dent à ces valeurs et j’ai été déçue de con­stater qu’il était encore assez dif­fi­cile de trou­ver des mar­ques totale­ment trans­par­entes et engagées dans ce nou­veau proces­sus. C’est à ce moment-là que je me suis dit « pourquoi pas moi ? ».

Aujourd’hui, cette réflex­ion est moins vraie et de plus en plus de mar­ques font leur appari­tion sur le marché, avec cha­cune leur spé­ci­ficité et leur engage­ment plus ou moins dévelop­pé.

Cela fait plaisir d’assister à un réveil des con­sciences (même si cela me fait plus de con­cur­rence …).

 

Pour toi que signifie la mode éthique et quels sont selon toi les critères les plus importants ?

 

Selon moi, la mode éthique recoupe deux aspects prin­ci­paux : c’est à la fois une mode qui respecte les con­di­tions de tra­vail tout le long de la chaine de fab­ri­ca­tion, mais c’est aus­si une mode qui s’investit pour réduire les impacts envi­ron­nemen­taux du secteur.

Ce deux­ième critère est aujourd’hui celui auquel j’accorde le plus d’importance.

On ne peut plus fer­mer les yeux face au désas­tre cli­ma­tique que provoque le monde de la mode.

Par ailleurs, les deux sit­u­a­tions évo­quées plus haut peu­vent aus­si se recouper de manière naturelle. En effet, par exem­ple, le fait de pro­duire en France est une manière de s’assurer que les tra­vailleurs seront traités avec respect et décence, mais cela a égale­ment un impact posi­tif sur l’environnement par la réduc­tion de l’empreinte car­bone.

Paume souhaite respecter au max­i­mum l’ensemble de ces critères, d’où une fab­ri­ca­tion française (ou européenne) avec des tis­sus biologiques ou/et recy­clés. Je souhaite dévelop­per un pro­jet où la cohérence et la trans­parence sont les maitres mots, car une mode éthique, c’est aus­si une mode hon­nête envers les con­som­ma­teurs qui doivent pou­voir porter un juge­ment libre et éclairé sur leurs achats.

 

J’ai cru comprendre que tu es également artiste dans l’âme. D’où vient ton inspiration?

 

En effet, l’art m’inspire énor­mé­ment.

Par chance, j’ai pu dévelop­per cette sen­si­bil­ité à l’occasion de mes études en his­toire de l’art. L’art, c’est quelque chose que l’on vit au quo­ti­di­en, sans s’en ren­dre tou­jours compte. J’ai en plus la chance de vivre à Paris où l’art est omniprésent.

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Par ailleurs, l’art est une manière de rassem­bler les gens : il s’adresse, de manière sub­jec­tive à la sen­si­bil­ité de cha­cun et toutes les per­cep­tions sont légitimes.

De plus, une des fonc­tions de l’art est la recherche du beau et je pense que s’immerger dans ce monde fait beau­coup de bien. C’est notam­ment pour cette rai­son que je souhaite absol­u­ment que l’art fasse par­tie inté­grante de l’identité visuelle de Paume.

L’art, au cen­tre de l’i­den­tité visuelle de Paume. Pho­to prise lors de l’exposition Sheila Hicks, une artiste tex­tile.

 

Comment définirais-tu le style Paume ?

 

Le style Paume, c’est un look intem­porel, une garde-robe faites de basiques faits pour dur­er le plus longtemps pos­si­ble. Cela cor­re­spond en par­tie à mon pro­pre style ves­ti­men­taire mais c’est aus­si cohérent vis à vis du pro­jet et du con­cept de slow-fash­ion. Il s’agit de pro­pos­er des vête­ments dont on ne se lasse pas et qui per­durent au fil du temps et des ten­dances.

Cela ne veut pas dire que les vête­ments ne se dif­férencieront pas d’autres pro­duits basiques. Il y a beau­coup de moyens de se dif­férenci­er et de trou­ver son iden­tité (par la coupe, les couleurs, la matière).

D’ailleurs, je réserve une petite sur­prise pour les t‑shirts.

 

Comment seront confectionnées vos pièces ? Où seront-elles réalisées et avec quel type de tissu ?

 

Pour l’heure, les vête­ments seront fab­riqués à Mar­seille. C’était plus facile pour moi de tra­vailler avec eux car je suis orig­i­naire de Mar­seille et j’y ai gardé une par­tie de ma famille. Il est donc très facile pour moi de m’y ren­dre.

Les vête­ments seront en tis­sus biologiques ou recy­clés, c’est une des seules choses sur laque­lle je suis intran­sigeante. Pour démar­rer, Paume va créer deux t‑shirts (un noir et un blanc) et ils seront fab­riqués à 100% en coton biologique.

 

As-tu une date de sortie des premiers vêtements ?

 

Je n’ai pas encore de date de sor­tie offi­cielle mais les choses se pré­cisent aujourd’hui de plus en plus. Je vais bien­tôt recevoir des pro­to­types des deux pre­miers t‑shirts. Donc, s’il n’y aucun retard de délai du coté de mon fab­ri­cant, je peux espér­er une mise en vente en mars 2019.

Tout sera détail­lé sur le compte Insta­gram et Face­book et je com­mu­ni­querai aus­si sur les pro­to­types dès leur récep­tion.

 

Enfin quels conseils donnerais-tu aux personnes et en particulier aux femmes qui souhaitent créer leur propre marque de vêtements et contribuer à la mode éthique ?

 

J’ai envie de citer un artiste que j’aime beau­coup :

 « Il faut tra­vailler beau­coup, une tonne de pas­sion et cent grammes de patience » (Nico­las de Staël).

L’envie est une qual­ité indis­pens­able pour tout lance­ment de pro­jet. Il faut y croire et rester très motivé tout au long du proces­sus de lance­ment, qui est sou­vent plus long qu’on ne le pense.

Pour tenir le coup, il est selon moi très impor­tant de par­ler de son pro­jet autour de soi (à ses amis, sa famille, aux ren­con­tres impromptues) le plus sou­vent pos­si­ble. En effet, on ne réalise pas assez que les gens qui nous entourent peu­vent être une grande ressource.

On apprend énor­mé­ment des autres.

Par ailleurs, il faut aus­si absol­u­ment dévelop­per une capac­ité d’adap­ta­tion. On s’embarque sou­vent dans ces pro­jets avec des idées plein la tête et c’est une bonne chose. Seule­ment, on est sou­vent déçus de con­stater que toutes ces idées sont plus dif­fi­ciles à met­tre en place que prévu. Donc il ne faut pas hésiter à réa­juster son pro­jet con­stam­ment (et garder ses idées pour plus tard).

 

Un dernier mot pour la fin ? En tous cas je te souhaite beaucoup de succès et je serai attentive au lancement de ta marque !

 

J’ai trou­vé les ques­tions assez com­plètes donc je n’ai pas grande chose à rajouter. Mais pour le geste, je cit­erai une phrase de Jean Paul Sartre qui me plait beau­coup :

« Dans la vie, on ne fait pas ce que l’on veut mais on est respon­s­able ce que l’on est. »

Aujourd’hui, le change­ment passe par une remise de cause de cha­cun de ses habi­tudes, sa manière de vivre. Cha­cun doit pren­dre ses respon­s­abil­ités, il ne faut pas atten­dre que les autres agis­sent à notre place.

 

Vous pou­vez retrou­ver Paume sur son compte Insta­gram : @paume_paris et Face­book : Paume.

Un site Inter­net est en pré­pa­ra­tion, je vous met­trai le lien ici dès qu’il sera sor­ti 😉


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